Un matin pas comme les autres

(« Un matin pas comme les autres »: Le billet qui m’a permis de devenir Mondoblogueuse… Mon premier billet…!)

Pour des raisons qui m’échappent en ce moment, je me sens parfaitement, plutôt terriblement moi-même ce matin… Je me sens bien, transparente, lucide, à un tel point que j’ai peur d’être dévoilée…
Depuis quand être soi-même était-il devenu tant effrayant?! J’avais toujours cru qu’être sincère et spontanée fut une bonne chose, un trait qu’il fallait conserver, une forme de supériorité psycho-sociale même!
Quelques longues années ont du s’écouler avant que je ne me rende compte qu’il ne faut jamais, jamais faire tomber le masque, quelles que puissent être les circonstances.
Il fallait le coller à mon visage, comme un uniforme éternel, un hologramme quoi…!
Une besogne qui s’est avérée difficile, je dois l’avouer. Car au départ, il fallait garder ma main sur le masque afin qu’il ne tombe pas.
Étant droitière, j’utilisais ma main gauche qui ne servait pas à grand-chose auparavant! La technologie terrifiante du 21ème siècle n’a pas réussi à inventer une colle faciale, qui ne nuise pas à la peau en l’empêchant de respirer!
Je n’avais surtout pas envie d’avoir des boutons et des rides précoces! Mieux valait alors utliser ma main, histoire de maintenir mon visage singulièrement attirant, que je considère toujours comme l’un des quelques rares atouts qui me restent…!!
C’est tellement curieux, tout ce que l’instinct de survie nous pousse à faire, toutes les atrocités qu’il nous oblige à commettre! Curieux et horrible parfois, ne trouvez-vous pas?!
D’un côté, un instinct qui laisse libre cours à toutes sortes d’abominations; de l’autre, un monde dégueulasse dominé par le matérialisme, le mensonge, l’hypocrisie personnelle et professionelle, la perversion, l’avarice, l’égoïsme et l’insatiable soif de posséder plus que l’on a…
Avec l’immoralisme à son apogée et la bonté noyée au fin-fond de l’océan, comment une personne lucide, honnête et dont le coeur est encore pur, peut-elle le rester?? Est-il possible d’échapper à toutes ces vicissitudes et d’avoir une existence saine et affinée?!
Je l’ignore toujours…
Aujourd’hui, je me sens libérée, fragile sans mon masque mais libre.
Aujourd’hui, je n’ai ni honte ni peur d’exprimer ce que je ressens, de dire ce que j’ai à dire… Il me semble que l’agonie chronique est dotée d’une force libératrice! Ça, je le sais maintenant; ça, c’est la vérité… MA Vérité…! Je ne sais pas jusqu’à quand je parviendrai à rester moi-même: deux ou trois heures, quelques jours, une semaine peut-être?!
Une chose est certaine: je me sens bien!
Pendant les quelques jours à venir, j’essaierai d’éviter les futilités de la vie et des hommes; je resterai seule avec moi-même et ferai de mon mieux pour positiver cette isolation, pour admettre, ne serait-ce qu’une seule fois, que la solitude n’est pas toujours destructrice…
Elle pourrait même parfois libérer l’Âme, pas n’importe laquelle, mais celle qui mérite de l’être…!
Quand une épidémie frappe une ville et qu’on s’en éloigne volontairement, pour ne pas tomber malade, cela signifie sans doute qu’on n’a pas encore perdu la volonté de Vivre, qu’on aspire toujours à une meilleure vie, à une existence saine, dépourvue de mal, de vice, de médiocrité…
Ce matin, je me sens reconnaissante d’être toujours en vie, ravie d’être moi-même, heureuse que j’existe et que je puisse encore essayer . . .

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